3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 17:57
CHAPITRE 17 - Le Népal

Kathmandu, du 6 au 8 septembre

   Nous atterrissons vers 21h30, sous une légère pluie. L’aéroport, qui ressemble plutôt à un aérodrome réhabilité est plutôt austère et pas très propre. Du moins, pas de jolie moquette, ou encore carrelage effet marbre où l’on peut se voir dedans. Il y a juste 3 avions sur la piste et quelques personnes pour régler la douane et les visas. Ce sera peut-être le plus petit aéroport international de notre périple! Mais bon, au moins, on ne met pas 30 min, quinze escalators et un métro pour passer d’un terminal à l’autre!
   Puis nous rejoignons la personne de l’hôtel qui est venue nous chercher. Nous avons préféré réserver quelques jours auparavant une chambre sur internet, arrivant très tard à Kathmandu. Nous avons eu la chance que l’hôtel nous propose ce service. Sinon, nous aurions été happés par une horde de taxis et de porteurs et nous aurions eu du mal à nous en sortir! L’office de tourisme de l’aéroport nous a même mis en garde contre la sortie « périlleuse et dangereuse » de l’aéroport! Un peu exagéré, il voulait simplement que nous réservions un hôtel avec lui. Cependant, des porteurs voulant absolument prendre nos sacs nous ont accompagnés jusqu’au coffre de la voiture et nous avons du être fermes pour leur dire non.
   Sur les six kilomètres qui séparent l’aéroport du centre ville, nous avons appris que l’on conduisait à gauche au Népal. Enfin, dirons nous qu’il n’y a pas de règles précises, n’ayant pas de code de la route. Ce qui abouti à une anarchie un peu totale! En chemin, nous croisons quelques vaches au milieu de la chaussée, en train de « brouter » dans les tas d’ordures présent sur la route et les abords! Elles sont sacrées au Népal, et il faut éviter de les tuer, car ceci peut nous entrainer en prison, au même titre que tuer un homme! Les népalais ne mangent donc pas de vaches!

   Le lendemain m
atin, nous profitons d’un petit déjeuner au calme à l’hôtel, avant d’arpenter les rues et ruelles de Kathmandu. Que dire pour nos premières impressions dans cette ville; pour les non initiés, c’est mieux d’y aller à petites doses! Nous avons déjà un peu d’expérience depuis le début de notre voyage, et cela nous est bien utile, et encore! Pour l’orientation, il faut être plutôt patient et apprendre à ne pas oublier où l’on est sur la carte! Pas de nom de rues, ou du moins ils sont bien cachés ou pas lisibles pour nous! Juste quelques plaquettes sur les grands axes, mais quand vous sillonnez les ruelles du quartier « Thamel » où ça part dans tout les sens, ça ne vous aide pas! Marcher dans ces ruelles où règnent l’anarchie entre piétons, vélos, rickshaws, motos, taxis, tuc tuc, porteurs en tout genre, marchands ambulants, est une expérience unique en soit! Mais ça devient vite stressant quand on est obligé sans cesse de regarder de tous les côtés pour éviter de se faire écraser par tout ce qui roule ou qui marche! Sans oublier la cacophonie des klaxons en tout genre, le pire que nous ayons vu jusqu’à maintenant! Quand on dit klaxon en tout genre, voici un bel exemple en photo, d’un klaxon artisanal fait d’une bouteille en plastique!  

Et les odeurs d’encens qui se mélangent avec d’autres odeurs moins agréables, les couleurs des femmes hindous avec leur sari, les étales de fruits et légumes un peu partout en ville, les petits temples et places très animées ainsi que « l’anarchie » des constructions font de Kathmandu un spectacle permanent pour les yeux, les oreilles, et le nez! Mais nous voyons également beaucoup de pauvreté, avec la présence d’enfants demandant quelques roupies et de mendiants souvent trépanés… L’Inde est pire, paraît-il, et nous le verrons certainement plus tard… La première journée à Kathmandu s’achève avec beaucoup d’images en tête, mais aussi un mal de tête! La pollution sonore et la pollution tout court font partie de la ville.
   Le deuxième jour, nous entreprenons de faire notre visa pour l’Inde à l’ambassade, car cela prend apparemment une semaine. Pour quelques infos, nous y sommes allés en matinée (demande de visa de 9h à 12h), avons rempli un telex que l’ambassade envoie en France pour vérifier que le passeport a
ppartient bien à la bonne personne (300 roupies népalaises pour le telex, soit moins de 3 euros). L’ambassade nous a donné un papier à remplir et nous devons revenir 6 jours après le matin pour déposer le dossier, payer les 3050 roupies népalaises nécessaires (pour un visa de 15 jours, c’est 1500 roupies et 3050 pour un visa de 6 mois) et revenir l’après-midi même chercher les visas. Quel parcourt du combattant! Nous devons du coup changer nos plans, car nous n’avons ni le temps de faire un trek, ni le safari qui nous intéresse en 6 jours de délai. Du coup, demain, nous irons dans une autre petite ville de la vallée de Kathmandu. Nous déjeunons avec un couple de français que nous avons rencontré à l’ambassade indienne, qui commence tout juste leur voyage en Asie du sud de 11 mois, et nous passerons l’après-midi avec eux au temple Swayambunath.  Très bonne après-midi, avec un temple où les singes résident, des moulins à prières, des moines tournants autour du stupa central (monument commémoratif en forme de dôme, autour duquel il faut toujours tourner dans les sens des aiguilles d‘une montre, afin d’avoir le stupa toujours du coté de la main droite) et des personnes faisant des offrandes en tout genre. Nous avons également une superbe vue sur Kathmandu et les alentours. Dommage que le temps soit un peu couvert…

Bhaktapur, du 9 au 12 septembre

   Le lendemain nous nous dirigeons en mini bus vers Bhaktapur, à 12 km d’ici, nous mettrons plus d’une heure et demie! Eh oui, c’est comme ça ici, entre la circulation très dense, le mauvais état de la route (à cause de la mousson, les routes lorsqu’elles sont goudronnées sont en très mauvais état, et quand il n’y a pas de goudron on trouve un grosse boue épaisse!), et les arrêts fréquents, il ne faut pas être pressés! Enfin nous avons quand même hâte d’y arriver et de quitter cette pollution et ce bruit. Dans notre guide (qui date de quelques années, économies oblige lol!), ils décrivent Bhaktapur comme étant un refuge à cette folie de Kathmandu, et nous voulons vérifier si c’est toujours le cas, on l’espère, nous avons besoin d’un peu plus de calme. Ca y est, nous arrivons, passons l’entrée payante du centre ville qui est classé au patrimoine mondial, et nous comprendrons vite pourquoi. Au fur et à mesure que nous avançons, nous avons l’impression d’être de plus en plus dans une ville médiévale, telle que la décrivait notre guide. Nous ne serons pas déçus par la suite. Nous comprenons vivement que le site soit payant, c’est un des rares endroits au monde qui utilise cet argent pour rénover ses vieilles maisons et temples, afin de garder toute son authenticité et son charme. Nous trouvons un petit hôtel sympa pas très loin d’une des places principales, qui aura l’avantage de nous aider à ne pas perdre une goutte de ce qu’il se passe dans la rue, tout en étant assez au calme (nous n’entendrons pas les cloches sonner tous les matins à 5h00 entre autres!). Nous voulions rester 2 jours, finalement 4 jours sont passés sans que nous nous en rendions compte. Comment décrire cette ville… c’est assez difficile, le mieux c’est de s’y rendre! Nous allons quand même tenter de vous donner nos impressions, mais il va falloir vous imaginer sur place, pour vous rendre compte de l’ambiance, des coutumes, des gens, et tout ce qui nous entoure. Voici une petite photo pour vous donner une idée:

Lors de notre balade découverte de la bourgade du premier jour, nous rencontrons Om, le chef de la police de la ville. Il parle le français, qu’il a appris aux Philippines où il avait été envoyé quelques mois il y a quelques années. Du coup, il a sauté sur l’occasion lorsqu’il a dû nous entendre parler quand nous sommes passés à coté de son bureau. Il fait partie d’une école de français, la seule dans la ville, créée il y a quelques temps afin d’éviter aux étudiants d’aller à Kathmandu pour prendre des cours, et de plus les cours sont plus accessibles car beaucoup moins chers. Il nous fait visiter son école, puis nous présente à un de ses amis qui travaille dans l’école de peinture adjacente. Nous aurons de belles explications concernant les Tangkhas et les Mandala, peintures que nous croyions d’origine tibétaine, mais en réalité ce sont les tibétains qui on copié l’art des Newari (une des communauté du Népal) de Bhaktapur. Nous leur promettons de venir les voir le lendemain à 7h30 à leur école.
De toute façon nous comptons nous lever tôt, vers 5h00, pour voir les sacrifices de buffles faits sur les places principales, afin de faire offrande de leur sang au dieu Bhairav, pour apaiser sa colère. Nous passons l’après midi avec Flavien, que nous avons rencontré la veille dans son hôtel, dernier lieu possible pour diner (à 20h!), car ici ils vivent avec le soleil.  Il est au Népal depuis plusieurs mois, et depuis 2 mois à Bhaktapur, où il donne des cours de français à l’école de Om. Il sera notre guide dans cette ville, nous apprenons beaucoup de choses avec lui, il s’y connait vraiment très bien sur la culture népalaise, une chance pour nous.

   Le jour suivant, nous prenons un petit déjeuner typique népalais avec Om et un de ses amis, Mickael (prénom traduit en français) professeur de français. Pour 4 personnes, nous en avons eu pour moins de 0,70 €, et c’était très bon. Pains népalais, thé népalais (thé au lait, sucré), et haricots. Nous allons nous faire aux habitudes népalaises pour nos prochains petits déjeuners. Aujourd’hui, nous aurons Mickael comme guide, avec lequel nous allons apprendre pas mal de choses aussi. Au Népal, c’est un peu compliqué au niveau religion. Les hindouistes sont la religion principale, puis les bouddhistes, viennent ensuite un peu de chrétiens et de musulmans. Tous vivent ensemble sans le moindre soucis.
   Quand à l’atmosphère même de ce lieu, c’est assez incroyable. Nous avons l’impression d’être plongé dans un autre siècle! Seuls les fils électriques éparpillés de manière chaotique et l
es véhicules nous rappellent encore que nous sommes bel et bien au 21ème siècle! Et encore, les tracteurs qui sillonnent cette bourgade moyenâgeuse ne sont pas de notre ère!  Le mieux, pour s’imprégner de cette atmosphère hors du commun est de se perdre dans les ruelles et de découvrir des scènes de vie d’un autre temps. Les maïs pendent aux toits des maisons, avec ça et là quelques piments, et aux coins des ruelles des hommes âgés (en tenue traditionnelle bien sûr!) font une partie d’échec ou de « tigres et chèvres », pendant que les femmes s’affairent à tricoter, filer la laine, ou encore trier les grains sur de grandes bâches, quand elles ne sont pas en train de faire la lessive. Un homme fume une espèce de « chicha », au milieu de quelques étales de fruits et légumes, pendant que d’autres hindous font des offrandes devant le temple, et quelques poules et canards traversent la ruelle à la recherche de graines… Des scènes de vie à profusion, dans une époque qui n’est plus la notre.  Nous pourrions rester des jours entiers, à errer dans ce dédale de ruelles et de cours intérieures et découvrir à chaque fois de nouvelles choses! Les dieux hindous comme « Ganesh »côtoient bouddha et inversement, la religion est le pilier de Bhaktapur et la vie s’organise en fonction des sacrifices, offrandes et autres rites religieux, le tout dans une anarchie médiévale! Le soir, nous avons même pu assister au récit d’un brahmane (homme religieux le plus important) autour duquel la population se réunit sur des paillasses. Nous avons eu que des moments inoubliables dans cette bourgade paysanne, tout droit sortie d’un conte, à l’image de la plus belle maison de la ville :

   Avant de quitter avec regret Bhaktapur, nous avons fait une petite balade dans la vallée de Kathmandu, tôt le matin, en croisant le long des rues des bouts de buffles entrain d’être découpé (buffles qui avaient été sacrifiés le matin même pour les  dieux) dans des conditions d’hygiène qui vous font devenir végétarien! Une balade de quelques heures à travers les rizières, et petits villages pittoresques (maison en terre et toit de chaume), où la population se lavent encore à la fontaine du village, au milieu des chèvres, poules… Le mieux, là encore, est de venir pour voir de ses propres yeux, magnifique! Voici juste un tout petit échantillon en image.

Retour à Kathmandu du 13 au 14 septembre

   Nous retournons à Kathmandu dimanche, en fin de matinée, un peu plus rapidement : seulement une heure! Puis sieste à notre hôtel, où nous rencontrerons le soir un autre couple de français. En ce moment on n’arrête pas de croiser du monde! Nous mangerons un morceau avec eux demain soir, après avoir récupéré nos visas indiens.
   La journée du lende
main n’a rien de passionnant… Bloqués une matinée la semaine dernière, aujourd’hui une nouvelle matinée pour déposer le dossier et un retour à l’ambassade d’Inde de nouveau l’après-midi pour récupérer les visas. Soit deux matins et un retour, ce qui n’est pas mal pour un petit bout de papier sur un passeport. Et au passage, ils nous font patienter une fois un matin pour l’envoi d’un télex en France afin de vérifier les passeports, et ils accepterons de nous faire un visa de 3 mois, double entrée, sans avoir la réponse du télex une semaine plus tard! Nous pensons qu’ils n’ont en fait pas envoyé le télex, et qu’ils l’auraient envoyé seulement si nous avions insisté pour le visa de 6 mois. Ils ont du prendre nos 600 roupies d’envoi de telex pour leur argent de poche! Heureusement que ce ne sont que quelques euros… Entre temps, nous avons quand-même déambulé dans les rues de Kathmandu. Nous sommes tombés à priori sur la plus belle place de la ville, avec des dizaines de Chaityas (petits stupas) entourant un grand stupa (monument bouddhique en forme de dôme), c’est la place Katheshimbu.
Nous pouvons voir ici aussi le mélange des cu
ltures hindou et bouddhiste avec un lingam, emblème phallique symbolisant Shiva, dieu hindou surmonté de bouddha, comme le montre la photo. C’est vraiment le bordel, pour ainsi dire, à tous les niveaux! Sympa de voir aussi un bois au coin d’une rue, planté de centaine de clous, qui est en fait dédié au dieu des maux de dents. On plante un clou pour enlever la douleur!
   Puis le soir, après le parcours du combattant des visas indiens, nous mangeons avec les français et des amis népalais à eux, où nous discutons bien. Soirée vraiment cool avant la pénible journée de transport qui nous attend pour aller de Katmandu à Pokhara.

Pokhara et trek du 15 au 24 septembre

   Une journée de perdue, donc, pour rejoindre Pokhara, qui n’est pourtant qu’à quelques 200 km de Kathmandu! 9 heures de bus, avec pauses petit-déj et déjeuner compris! Nous avons pu apprécier le long de la route quelques camions couchés au bas du précipice dans les rivières ou encore un bus pris dans des branchages 10 mètres en contre bas, certainement une chance pour ses passagers qui n’ont pas atterri 300 m plus bas dans la rivière! Ca avait l’air récent, peut-être datant de tout juste quelques jours, de quoi donner un peu froid dans le dos. Mais ça arrive fréquemment au Népal.
   Nous arrivons à Pokhara, les français rencontrés l’avant-veille nous avaient prévenus que nous serions assaillis par une horde de taxi dès la sortie du bus. Nous ne nous laissons pas faire, d’autant plus que nous voulons aller au bord du lac qui se trouve à environ 15 minutes à pied. Apparemment c’est une stratégie des hôtels pour que les taxis nous laissent chez eux.  Nous rencontrons en route un autre couple de français qui ont débuté leur tour du monde il y a quelques mois. Nous trouvons un hôtel pour moins de 2 euros, chambre avec salle de bain, assez sympa.
   Le lendemain, nous allons chercher nos permis de trek, que nous payons 2000 roupies, soit environ 20 euros par personne. Nous rencontrons encore un autre couple de français faisant un tour du monde, décidément le Népal est vraiment la plaque tournante des tourdumondistes!  Fini le temps où ceux qui se lançaient dans un tour du monde étaient seuls au monde! C’est sympa, ça permet d’échanger des impressions, des itinéraires… Puis nous faisons quelques petites courses pour le trek que nous débuterons demain matin (papier toilette, mouchoirs et  quelques gâteaux). Nous avons décidé de faire une boucle sur 7 jours, ou peut-être 10 jours si nous sommes en forme pour aller au camp de base de l’Annapurna, on verra bien.
   Il est 6h00, nous nous sommes débarrassés d’un de nos sac resté à l’hôtel, et nous prenons un taxi pour nous mener à l’arrêt de bus. Peu d’attente, le bus arrive vite. Nous commençons à monter, puis d’un coup on nous dit qu’il faut monter sur le toit, car plus de place à l’intérieur, c’est une blague?! Et non, on finira bien sur le toit, bien qu’ensuite nous verrons plusieurs personnes monter à l’intérieur, mais pas grave, nous aurons un superbe panorama tout au long du trajet. Nous avons de la chance, le ciel est assez bien dégagé et nous avons une superbe vue sur le Machhapuchhre enneigé (non, on ne s’est pas trompé dans l’orthographe!). Nous avons juste un peu froid, et Vincent arrive difficilement à sortir nos polaires de notre sac sur lequel je suis assise, afin d’éviter de prendre froid avant le début du trek, surtout qu’il a chopé déjà un bon rhume. Bien agrippée au toit du bus pendant presque 2 heures, sur des routes parfois un peu chaotiques, nous arrivons enfin à Nayapul, notre point de départ.

Petit déj dans un boui boui au bord de la route, et nous voilà partis. On commence à prendre la bonne habitude de demander où se trouve le chemin, car il n’y a aucune indication. Nous longeons une rivière avec quelques ponts suspendus, et passons entre les rizières, sur un sentier plus ou moins dallé. Tout au long de notre trek, nous croiserons des milliers de chèvres (voire plus) descendant du Tibet, destinées à être sacrifiées pour la plus grande fête nationale du Népal qui va commencer vers fin septembre, et qui s’étend sur plusieurs jours. Au passage, quelques unes son vendues dans les villages, où nous apercevons quelques têtes ou autres parties de la bête en train de sécher. Les sentiers sont souvent faits en dalles ou marches, ce qui se comprend car ce sont les seuls moyens de communication entre les villages et sont très utilisés par les locaux.  Par contre, ils n’ont pas la même logique que nous pour construire ces sentiers. Au lieu de longer les cotés ou les crêtes, ils préfèrent descendre, monter, descendre, remonter… monter ou descendre ne les fatiguent pas, ils ont l’habitude de vivre en montagne, mais pour nous c’est plus dur! Pour ce premier jour, nous marchons 13,5 km, les derniers km étant très rudes! Nous retrouvons le couple de français rencontré lors de l’achat du permis et dinons avec eux. La soirée est courte, car nous allons nous coucher rapidement, lever tôt demain matin. Le matin du 3ème jour, nous faisons un magnifique lever de soleil à Poon Hill à 3210 mètres, où nous avons une vue imprenable sur 2 grosses chaînes de montagnes de l’Himalaya: l’Annapurna et le Dhaulagiri qui culminent à plus de 8000 m. Spectacle saisissant, ça fait bizarre de se retrouver au pied de quelques plus hauts sommets du monde. Nous continuons notre trek on nous enfonçant dans la forêt qui ressemble plus à une petite jungle, et faisons connaissance avec des petites bêtes qui nous accompagnerons pendant tout le reste du trek (malheureusement!!), ce sont les sangsues! Heureusement que nous sommes à la fi
n de la mousson, car pendant cette période, elles sont des milliers à essayer de grimper sur les gens, beurk! Régulièrement nous inspectons nos chaussures pour les enlever afin qu’elles n’atteignent pas notre peau pour s’y agripper, sinon c’est trop tard, elles gonflent rapidement avec le sang et ne s’enlèvent qu’avec du sel ou la chaleur d’une flamme. En fait on va être obsédés par ça, et nous vérifions plus que régulièrement, car elles montent très très vite! Dommage, ça gâche un peu le trek. A la fin du 3ème jour, Vincent est complètement épuisé, il a atteint l’apothéose d’une sinusite! N’ayant plus de paracétamol, il teste un remède fait maison d’un touriste rencontré en route, avec de l’eau chaude, du sucre, et du vinaigre, bon appétit! Avec de la fièvre, un mal de tête et une fatigue intense, ce n’est pas raisonnable de rejoindre le camp de base des Annapurna situé à plus de 4000 mètres, avec plus de 4 jours de marche supplémentaires. Nous décidons donc de faire une petite boucle. Mais du coup le rythme de Vincent me correspond mieux, lol! Cette fois-ci c’est moi qui suis obligée de l’attendre! Mais cela ne nous empêchera pas de profiter de 2 nouveaux panoramas à Ghandruk et à Tolka sur une partie de la chaine montagneuse qui nous laissera de très jolis souvenirs.  Le 6ème jour, c’est moi qui ne va pas bien, douleurs au ventre et au dos qui ne cessent de s’amplifier à chaque pas. Le retour à Phokara se fait désirer par les 2! Heureusement, j’arrive à avoir un médicament dans un lodge après quelque heures de marche, qui me permet d’aller un peu mieux.
   Nous achevons ce trek malades, mais avec de très bons souvenirs. Nous sommes contents de retrouver un bon lit et quelques antibiotiques à la pharmacie du coin. Nous nous posons quelques jours le temps de nous soigner avant de repartir. Enfin, quelques jours, c’est un bien grand mot! Ce sera seulement 2 jours! Mais nous avons l’impression que cela fait une semaine après le trek que nous ne faisons rien!

De Phokara à Bardia, du 25 au 26 septembre

   Pour rejoindre le parc national de Bardia, situé à l’ouest du pays, à quelques centaines de kilomètres de Phokara, l’aventure commence! Même les locaux disent : « Bardia, c’est loin! » Dès qu’on dépasse les 100 km au Népal, c’est loin! Le faire en une fois avec plus de 12 heures de car, on s’est posé la question et finalement, nous préférons le faire en deux parties. On a déjà fait plus long, mais bon, on n’est pas encore en pleine forme et ce sera l’occasion de s’arrêter dans une ville, Tansen, qui paraîtrait pas mal, selon notre guide. 110 km à faire : départ vers 6h45 pour une arrivée vers 12h! Un peu plus de 20 km/h de moyenne (pauses incluses), ce qui n’est pas mal pour le pays! En arrivant, nous décidons de ne pas nous faire arnaquer par les jeeps taxi qui demandent 300 roupies par personne pour rejoindre le centre ville. Certes, ce n’est que tout juste 3 euros mais pour la distance et pour le pays c’est énorme, car on nous avait dit qu’il n’y avait que 2 km. On se lance à pieds, mais ne voyons jamais la fin! Heureusement, 4 fillettes nous ont montré un petit raccourci sur la colline qui nous a permis de gagner plusieurs centaines de mètres. Après plus de 4 bornes et en ayant croisé des dizaines de jeeps et bus bondés (gens sur les toits, les côtés, accrochés au par choc arrière!) nous voilà enfin au sommet, dans un centre ville bruyant, pollué, poussiéreux, et on se demande bien se que l’on fait ici! Nous trouvons un hôtel qui nous annonce 25 $ la nuit, au moins 20 fois le prix que ça coute. Nous repartons et trouvons avec peine un boui boui pour manger. Quel repas : nouilles sautées dans une huile cramoisie depuis des lustres avec quelques bouts de choux au goût de brûlé! Dur, dur, mais petit plus, le serveur était sympa! On a mangé par obligation en laissant la moitié (ce que nous n’aimons vraiment pas faire…) et après un regard échangé entre nous, nous décidons de quitter cette ville pour rejoindre Butwal, à 30 km d’ici. Nous prenons un bus local pour 2 petites heures de route escarpée. Arrivée là-bas, même impression : qu’est-ce qu’on fait ici! Bah on va dormir pour repartir le lendemain matin! Nous trouvons un hôtel pas des plus top mais peut-être le mieux du coin et tuons les quelques heures jusqu’au soir en jouant au « mahjong » sur notre petit pc! Heureusement qu’il est là parfois! Finalement, faire une étape en route pour rejoindre le parc de Bardia n’était pas une superbe idée… Mais on ne pouvait pas savoir!
   Lendemain, journée « boîte à sardines Tata »! Quelques 11 heures de bus local Tata, pour rejoindre Nepalganj puis le petit village de Thakurdwara, en bordure du parc national Bardia. Une expérience inoubliable! Voici juste une photo de notre « boîte à sardines Tata »
Partager ce petit bus avec une soixantaine de locaux (je ne suis même pas sûr d’exagérer, vu que nous étions déjà une bonne dizaine entre le chauffeur et les premiers sièges où nous étions!) avec musique hindoue à fond, klaxon à gogo et route pas toujours bonne, c’est sympa quelques minutes, mais 11 heures, c’est dur! Pour les fesses aussi car les suspensions sont très vieilles et les sièges très durs…  Je ne vous parle pas non plus de la température tropicale de la région où nous sommes, pas besoin de bouger pour suer! Pour ce qui est de la pause déjeuner, nous avons décidé de la repousser, pour éviter de manger avec les mains dans un boui boui dont on ne vous évoque pas l’état. Manger avec les mains est commun au Népal et en Inde, mais vu l’état de nos mains et l’impossibilité de se les laver, nous ne nous lancerons pas dans cette aventure! Deux paquets de gâteaux et quatre samoussas dans l’après midi feront l’affaire. J’ai (Vincent) déjà eu du mal à rentrer aux toilettes, pour tout vous dire! A inscrire sur la liste des pires toilettes de notre voyage! Lol!
   Voilà, nous sommes enfin à Bardia, où nous souhaitons faire un « safari » pour tenter de voir des espèces animales nouvelles telles que rhinocéros, éléphants, tigres du Bengale, léopards, et pleins d’autres encore. Et faire également une balade à dos d’éléphant! Espérons que la chance sera de notre côté et que nous ne regretterons pas ces deux journées de transport d’enfer!

Bardia, du 26 au 30 septembre

   Une chose est sûre, c’est calme ici. Nous sommes dans un petit village, à l’entrée du parc, dans un bungalow au toit de paille et mur de terre, comme beaucoup d’habitations du village, style typique des plaines du Téraï. Hormis les quelques fils électriques, nous sommes dans une autre époque ici aussi. Le temps semble s’être arrêté. Les buffles se prélassent dans la rivière, pendant que certains se lavent à leur coté, on prend l’eau aux pompes à eau présentes de temps à autre, à côté des enfants ou femmes qui s’y lavent, les poules, cochons, se promènent au milieu des rizières et du chemin… Chaque maison ou presque possède sa charrette et sa paire de buffles pour toutes sortes de tâches. Pas de stress ici!

   Pour la première journée, ce sera détente. Il faut bien qu’on se remette de ces deux jours de transport! Et vu la chaleur en journée, ce n’est pas très difficile de ne rien faire. Même la douche à l’eau froide peine à nous refroidir un peu le soir ou même dans la journée. Pour la deuxième journée, nous n’avons pas d’autre choix que de rester tranquille également. En effet, c’est le premier jour du festival « Dasain », consacré à la déesse Durga, qui dure une bonne dizaine de jours. Et personne ne fait rien le premier jour. Les népalais se retrouvent en famille, chez l’ainé, célèbrent le « tikka » (marque rouge qu’ont les hindous sur le front, symbole de la présence divine, composée d’une parcelle des offrandes du jour -pétale, riz et rouge carmin-  mélangée à de la glaise) auquel nous sommes conviés. Celui qui donne le « tikka » offre de l’argent à celui qui le reçoit. Cette fête a autant d’importance que le noël de chez nous. Nous recevrons deux bananes!

Pour le soir, on nous offre le diner. Dommage que nous ne sommes pas à Kathmandu pour voir le lâcher de cerf-volant, mais bon, nous n’aurions pas assisté à la cérémonie du « tikka ». Vers la fin d’après-midi, quand le soleil cogne un peu moins, nous partons faire un petit tour au village, qui s’étend en fait sur plusieurs kilomètres, histoire de marcher un peu. Nous croisons un vieil homme gardant quelques moutons qui nous invite à venir chez lui. Nous le suivons et découvrons sa famille, réunie pour la fête. Ils nous offre leur vin local, à base d’alcool de riz et passons un moment avec eux. C’était vraiment sympa, nous prenons quelques photos avec eux, heureux de pouvoir se voir à travers le petit écran de notre appareil et ils nous donnent leur nom pour que nous puissions envoyer les quelques clichés à notre hôtel et que ce dernier leur transmette.
Un peu joyeux, nous regagnons notre lodge et croisons plusieurs familles singes entrain de faire leurs repas dans les arbres le long du chemin. Nous profitons quelques minutes du spectacle, avant de devoir rentrer de force, attaqués par nos amis moustiques! C’est la tombée de la nuit, l’heure de leur repas! Puis nous dégustons le « dal bhat » qui nous est offert, à cracher le feu! Bon, mais vraiment trop épicé. Là, c’est sûr que tous les microbes sont morts! Même Delphine est surprise de me voir refuser qu’on me resserve(tradition ici pour le dal bhat), car je ne supporte plus leur piment! Elle a failli vomir tellement c’était fort! Mais bon ça part d’une bonne intention, on manque juste un peu d’entrainement, ou peut-être au contraire nous en avons tellement eu que nous ne pouvons plus supporter le piment. Nous achevons cette journée repos et nous sommes prêts pour la grosse journée éléphant safari de demain!
   Lever matinal, et c’est parti pour une heure de balade à dos d’éléphant. Pour ce qui est de voir des animaux, c’est pas vraiment le but de la balade, car une heure c’est trop court, c’est juste pour le fun d’être sur un éléphant! En plus, on a de la chance, le bébé de notre élephant, qui a 2 ans et demi nous accompagne . Nous aurons vu quelques singes, biches mais surtout le bébé éléphant qui nous aura bien fait rire! Il faisait un raffut pas possible, à jouer dans les lianes pour s’y empêtrer, ou encore à essayer de casser un bout de bois mort! Il dépassait tout ju
ste des hautes herbes et courait nous rejoindre dès que sa maman était à quelques dizaine de mètres. Drôle aussi de le voir nager et faire du sous l’eau au passage de la rivière qui était encore bien profonde, juste après la saison des pluies. Nous aurons passé une heure bien sympathique.

   Pour ce qui est du rafting, c’est pas vr
aiment la même chose… Pas de quoi casser trois pattes à un canard. Nous aurons tout juste vu quelques singes et deux éléphants de très loin, le reste du temps étant de la descente douce sur une grosse rivière, plutôt ennuyeuse… Pour le prix, ce n’est pas justifié du tout. Finalement, le plus drôle du rafting aura été de monter sur le toit du bus local à l’aller pour rejoindre le haut de la rivière et de prendre une charrette tirée par deux buffles pour le retour à l’hôtel. En restant positif, nous aurons fait une journée cool, mais pas à la hauteur de nos attentes. Juste un moment drôle pour moi (Vincent), mais moins pour Delphine, de la voir s’enfoncer (encore!) dans de la boue lors de notre recherche de rhinocéros, qui sera d‘ailleurs veine.

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Published by VINCENT-DELPHINE - dans Carnet de route
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